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Cote/Cotes extrêmes
Date
Organisme responsable de l'accès intellectuel
Modalités d'entrées
Legs du 19 juin 1997.
Présentation du contenu
René Jugie, alias commandant Gao (1914-1997), a légué aux Archives départementales de la Corrèze, par testament du 27 juin 1985, le fonds documentaire qu'il avait constitué sur la Seconde Guerre mondiale. Ce fonds comprend notamment des archives des état-major et intendance de l'Armée secrète de la Corrèze, ainsi que des bataillons de la brigade AS de la Basse-Corrèze (60J/221-268). Figure de la Résistance locale en tant que chef du 6e bataillon sédentaire et de la sécurité départementale de la Corrèze, il fut aussi membre de l'état-major départemental du Mouvement de Libération nationale (MLN). À ce titre, il siégea au sein du Comité départemental de Libération de la Corrèze. René Jugie conserva également des archives de l'Armée secrète et des mouvements de résistance (Combat, Mouvements unis de Résistance et MLN) de par les fonctions de liquidateur qu'il exerça après-guerre en matière d'homologation de grade et de défense des intérêts matériels et moraux des résistants. Par ailleurs, une partie non négligeable du fonds, à savoir les liasses 60J/141 à 179 et 298 à 312, concerne ses activités éditoriales à la tête de Brive-Informations et de La Voix de la Résistance. Il consacra une partie de sa vie à réunir des documents sur la Résistance, ce pour quoi il fut considéré comme l'archiviste de l'AS-MUR.
Son fonds comprend donc des archives, mais aussi des dossiers de documentation réunis par ses soins, des photographies noir et blanc (60J/380-539), ainsi qu'un certain nombre de témoignages oraux et d'enregistrements sonores (60J/540-675).
Mode de classement
Les travaux ont d'abord été conduits de façon à respecter la composition des dossiers constitués par René Jugie, notamment des dossiers documentaires, ce qui a donné lieu à un premier classement. Sur les conseils de la Direction des Archives de France, nous avons tenté de reconstituer au plus près la structure originelle des fonds et avons adopté un nouveau plan de classement qui reflète la chronologie des activités de René Jugie, son engagement dans la Résistance, les multiples fonctions qu'il assuma au sein des associations de défense des intérêts des résistants, de même que sa carrière de publiciste et de journaliste. Ces deux classements successifs ont nécessité la rédaction d'une table de concordance entre anciennes et nouvelles cotes qui figure parmi les annexes. Grâce à la numérotation et aux libellés reportés sur les boîtes et cartons d'archives par le légataire du fonds, nous avons donc pu déterminer un certain nombre de sous-fonds, tels que les archives de l'état major et des bataillons précédemment citées, celles du MLN et de son service social, celles de la société Brive-Informations, ou de certaines associations d'anciens combattants, comme par exemple l'amicale AS-MUR de la Corrèze. La collation achevée, il s'est avéré que René Jugie avait conservé un grand nombre d'originaux et de pelures liés à ses fonctions de liquidateur et d'éditorialiste. Les dossiers documentaires ont fait l'objet d'un démantèlement partiel : par exemple, le dossier intitulé « Commémoration de l'appel du 18 juin » a été scindé en quatre parties tenant compte du rôle de René Jugie dans l'organisation de la manifestation ; il intervint à ce titre au sein de la Fédération nationale des anciens de la Résistance (FNAR) de 1947 à 1951, du MLN de 1952 à 1961, de la Fédération des amicales de réseaux de la France combattante (FARFC) de 1962 à 1964, puis du Comité d'action de la Résistance (CAR) de 1965 à 1973. Les dossiers étant à l'origine classés dans l'ordre chronologique du plus récent au plus ancien, et ce correctement, cet ordre a été maintenu. Seuls les doublons ont été éliminés ; les multiples notes qui peuvent aider à la compréhension des dossiers ont été conservées dans leur intégralité.
C'est au sein du directoire départemental (puis de la commission départementale) du MLN que René Jugie intervient comme liquidateur départemental AS-MUR-MLN à partir d'avril 1945. Il favorise la reconnaissance suivant des critères militaires du temps de service passé par les membres de l'Armée secrète de Corrèze au sein de leur organisation clandestine, avec possibilité d'obtention des justifications légales, comme la carte de déporté ou interné, la carte du combattant ou combattant volontaire. Il n'a pas été aisé de reconstituer le rôle de René Jugie en matière de défense des intérêts des résistants, tant il était impliqué au sein d'associations diverses. Les archives léguées sont autant de « strates » qui permettent de le déterminer. Il a fait partie de la section départementale de la FNAR, dont il fut délégué régional Corrèze-Lot-Dordogne dès 1945 et secrétaire général de 1946 à 1952. Il fait partie de cette association jusqu'en 1974. Cette association bénéficie d'une reconnaissance accrue parce qu'elle n'accepte que des résistants qui se sont engagés avant le 31 décembre 1943. Il fut également archiviste de l'amicale des anciens résistants de l'AS-MUR de la Corrèze à partir de 1947, secrétaire général de la FARFC de 1949 à 1965 et, à ce titre, membre du comité d'administration de l'office départemental des anciens combattants et victimes de guerre (1948-1959). Il fut dans ce cadre membre de la commission d'attribution de la carte du combattant volontaire de la Résistance de 1953 à 1961 et de 1982 à 1984 (membre suppléant ou titulaire). Il présida également l'amicale des « Vrais de Vrais » de 1972 à 1994 au moins.
Les amicales de résistants comme celle des anciens de l'AS-MUR, celles du Corps-Franc de Tulle, des Francs-Tireurs et Partisans français, ou des maquis de Haute-Corrèze font office de relais avec les autorités relevant du ministère de la Défense nationale ou des Anciens combattants et victimes de guerre (ACVG) dans le cadre de la justification des droits de leurs adhérents. Le mouvement associatif détient un rôle prépondérant dans la représentation et la prise en compte des intérêts de la Résistance par les instances nationales. Au travers de l'action conjuguée des services déconcentrés de l'État et des associations d'anciens combattants se dégagent trois thèmes majeurs : la démobilisation et l'homologation des FFI, la délivrance de la carte du combattant et l'indemnisation des résistants. Les fichiers, comme les dossiers individuels de membres, se révèlent d'une grande richesse pour qui s'intéresse à la période et souhaite appréhender la participation des milieux sociaux à la Résistance et leurs ancrages locaux. Les missions des associations au sein desquelles René Jugie a pris une part active ont été résumées succinctement dans les introductions propres à chaque partie. Le maintien de René Jugie dans ses fonctions de liquidateur pendant plusieurs décennies, ses fonctions d'archiviste et de conseiller historique au sein de l'amicale de l'AS-MUR et sa sensibilisation à la sauvegarde des archives ont sans doute évité la dispersion de ce fonds.
De même en est-il des archives liées à ses responsabilités d'éditorialiste : il a conservé l'ensemble des dossiers concernant sa période d'activité. En cette qualité, il fut notamment chargé de l'exploitation de journaux issus de la clandestinité, comme Brive-Informations, le quotidien de l'amicale des Vrais de Vrais, qui parut du 16 août 1944 au 30 juin 1957. Il fut parallèlement, jusqu'en octobre 1952, vice-président et administrateur de la Société limousine de Presse (SLP), société chargée à partir de 1950 de l'administration du Courrier corrézien-La Marseillaise. Il dirigea également la Société des éditions et publications rurales (SEPR), avec Gaston Hyllaire, jusqu'à sa dissolution en juin 1972. La gérance du journal La Voix de la Résistance, organe du Comité d'action de la Résistance, lui fut confiée dans ce cadre à partir de juin 1955. René Jugie dirigeant toujours la SARL Brive-Informations et la SEPR au moment de leur dissolution, il en a conservé les archives.
Le classement des archives et dossiers documentaires que René Jugie nous a légués, témoigne de qualités d'archiviste que d'aucuns lui reconnurent de son vivant. L'engagement précoce et les risques qu'il a encourus pendant la Seconde Guerre mondiale ne sauraient être contestés. Il a participé au devoir de mémoire et milité inlassablement pour la cause de la Résistance. Fervent admirateur du général de Gaulle, il fut dans la mouvance de Jean Charbonnel et soutint la gauche gaulliste. Le fonds d'un liquidateur de mouvement de Résistance comme celui de René Jugie a servi pendant des années à établir les droits des résistants corréziens dont la majorité ont obtenu satisfaction avant les délais de forclusion imposés par les pouvoirs publics. Ces archives constituent désormais un terreau de qualité pour la recherche historique.
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René Jugie, secrétaire général de la section et délégué confédéral de la Corrèze de la FARFC.
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